La presse peoplitique en France

La presse politique française serait elle devenue, par certains moments, une presse people ?

La question de la peoplisation de la presse politique, en France, peut se poser. Depuis plusieurs années, il faut reconnaître que, la presse politique a changé dans le fond et la forme de son contenu. Le niveau d’expertise à baissé pour laisser place à un contenu plus polémique. Ce contenu plus polémique pourrait être intéressant s’il ne s’intéressait plus à la forme qu’au fond de la vie politique. Car le sujet est bien là, on ne s’intéresse plus au fond mais à la forme. Et tous les canaux sont concernés, la presse papier, la radio comme les chaînes de télévisions. Même les médias les plus sérieux, qui font de l’investigation, leur métier, comme Médiapart, peuvent parfois tomber dans ce travers, mais beaucoup plus rarement.

La forme ou le fond ?

La première observation est que les débats et l’actualité politique ne portent plus, que très rarement, sur le fond. Hormis pour quelques lois importantes, on parle plus du comportement des acteurs, des petites phrases, qui deviennent des faitsmagazines de presse politiques. La place du décryptage est réduite à 30 secondes sur un écran tactile géant avec des dessins. On a plus parlé, par exemple, du comportement des socialistes, lors des élections présidentielles, que du programme de Benoit Hamon. Le dernier en date, sur l’affaire du statut de la femme du président. On se souvient plus de l’initiateur de la pétition que du fond du rôle du conjoint du Président. Et c’est la même chose de l’interview de cette dernière dans le magazine ELLE, qui fait polémique. Si on réfléchit trente secondes, on s’en fout. Et des exemples comme cela, on ‘en a beaucoup. Est-il intéressant de savoir si le Président Sarkozy s’intéresse au Parti Républicain ?

Sur la loi travail, quel français peut confirmer qu’il a pu se faire une opinion grâce aux médias ? Les organes de communication des syndicats et mouvements divers ont mieux communiqué que la presse.

Ou sont les journalistes ?

Si le contenu de la presse radio, papier et télévisée a donc baissé en qualité, ce n’est pas forcément le fait des journalistes. En effet, parlons ici, des chaînes TV en particulier. La présence des journalistes sur les plateaux est de plus en plus rare. Les journalistes ont été remplacés par des éditorialistes et des débatteurs. Les grandes chaînes d’infos en continue sont très friandes d’éditorialistes capables de dynamiser une émission. On ne retrouve les experts que lors de grands événements tels que des attentats. Et encore, ils n’ont souvent pas grand-chose à dire.

Certains commentateurs de la vie politique sont même souvent des politiques eux même qui viennent sur les plateaux avec « leur grandes gueules », leurs compétences en communication.

Pourquoi cette peoplisation de la presse politique ?

En fait, cette peoplisation de la presse politique à deux origines.

La première responsabilité en revient aux politiques eux même. Pour être vivant politiquement, il faut être vu, écouté, lu. Les politiques ont donc, eux même, joué avec la presse pour leur intérêt. Le premier à avoir utilisé la presse comme outil de communication est Nicolas Sarkozy, avant de se présenter à l’élection présidentielle de 2007. François Hollande a continué dans la même veine. D’autres comme Montebourg n’hésitaient pas à se faire prendre en photo en vacances pour améliorer son image.

La deuxième réponse à la question du pourquoi est, sans doute, une raison financière. La presse papier, tout d’abord, ne va pas bien. Elle a mal entreprit le virage internet et ses revenus ont baissés. Pour continuer à vendre, elle a joué sur les couvertures chocs. On tous, en souvenir des titres comme « Monsieur faible » pour François Hollande de l’Express, « Le Roi fainéant » de Valeurs Actuelles pour le même président ou encore « Cecilia parle » du Point sur Nicolas Sarkozy (digne d’un Public ou Closer). Nous sommes là complètement dans le people et le non respect de la fonction politique. N’y a-t-il pas des affaires de fond pour critiquer des hommes politiques (influence, idées politiques, affaires judiciaires,…).

Les chaines d’infos en continu ont une autre problématique. Elles sont dans l’obligation de remplir leurs cases horaires et de garder leur spectateur en contact. Pour cela, elles vont transformer l’info en événement politique. Et il faut bien reconnaitre que la politique n’est pas le sujet le plus fun.

Alors, de là à écrire que la presse politique à un rôle dans le désamour des français avec leurs homme politiques et que la loi de moralisation ne fera pas tout, il n’y a qu’un pas que je ne permettrai pas de franchir.

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