La population active et les fermetures d’entreprise. Ou est le sujet?

Une étude de l’Insee nous apprend que 95% de la population active vit à 15 km de grands établissements employeurs. Une réalité qui permet de mieux comprendre les conséquences de fermeture d’entreprises.

Cette étude de l’Insee nous montre que la très grande majorité de la population active habite à moins de quinze kilomètres d’un établissement employant plus de 200 salariés. Il en existe 8300 en France.

Ces établissements sont concentrés dans les grandes agglomérations et emploient 25% de cette même population. Si on regarde les plus grandes entreprises, employant plus de 500 salariés, 78% de la population vit à moins de 15 km de ces établissements.

carte implantation grandes entreprises en france

On se rappelle du discours du Président Macron, lors de sa visite aux ouvriers de GMS. On lui avait reproché sa remarque sur le fait que « Certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas, parce qu’il y en a qui ont les qualifications pour le faire et ce n’est pas loin de chez eux ». Si la réflexion était mal venue (quoi que échangée lors d’une discussion privée), force est de constater qu’il n’avait pas tout à fait tord. Mais cette analyse ne valait que dans un contexte macro économique.

Crise économique ou mutation de nos territoires ?

usine desafectéeEn fait, ces fermetures ne sont pas le reflet d’une mutation ou d’une crise économique. Elles sont le reflet d’une mutation de notre territoire. Nos territoires ont changé. Certains se sont urbanisés et industrialisés pendant que d’autres se sont appauvris, ont perdu des populations. On le voit très bien dans notre région. La Bretagne est constituée de zones très urbaines comme Rennes, Nantes ou Brest, quand d’autres secteurs sont beaucoup plu sensibles et dépendantes d’une entreprise. On se rappelle du dossier GAD. Ce sont ces territoires qui font parler d’eaux quand une entreprise ferme ses portes. Ces salariés sont bien évidemment dans la plus grande détresse. Il n’y a pas d’autres usines dans les alentours, ils ont un crédit immobilier sur 25 ans pour une maison qui, clairement, ne vaut rien. Le problème est bien là. C’est plus un problème social qu’économique.

Les politiques, les élus locaux et les syndicats, qui connaissent tous très bien ce sujet, jouent avec l’actualité. Mais personne ne répond au problème, puisqu’il n’est pas évoqué.

Traiter le mal

Donc si on veut traiter ces dossiers, il faut s’attaquer au mal. S’attaquer au mal passe par deux points.

Travailler sur les territoires

Travailler sur les territoires n’est pas facile mais indispensable. La solution n’a sans doute pas encore été trouvée. Il suffit de rouler sur les routes de Bretagne, de traverser certaines villes ou bourgs et de se rendre compte que certains territoires, dans l’état actuel des choses, sont voués à mourir. Leur redonner une attractivité est indispensable. mais comment?

Une culture à changer

  • La propriété et le prix de l’immobilier. la propriété a créé une véritable dépendance à son emploi. Le prix d’une résidence principale,  et la durée de l’amortissement ne permettent pas aux actifs d’être entièrement libre face à l’emploi

  • Un changement de mentalité vis-à-vis de l’entreprise. La population active est encore trop attachée à son entreprise, surtout en Bretagne. Cet attachement est une force, évidemment. Mais cet état d’esprit ne permet pas aux employés de prendre du recul, d’anticiper une mutation, une mobilité quand les choses ne vont pas bien pour une entreprise.

Bref, pour résumer, la solution n’est pas simple. Mais pour résoudre ces problèmes humains liés à des fermetures d’entreprise, encore faut il poser le bon sujet.

 

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