Les centres villes, indispensables pour l’avenir des villes moyennes

Les centres villes des villes moyennes sont de plus en plus délaissés par les français, au profit des périphéries. Et pourtant, on a tout à gagner à les redécouvrir.

A une époque où on parle de développement durable, d’économie et de la ville de demain, il est très surprenant qu’on ne parle que très peu des centres villes. Les centres villes, notamment dans les villes moyennes comme Quimper ou Saint Brieuc sont de plus en plus délaissés par les commerçants comme par les habitants. Les commerces sont remplacés par des grandes et moyennes surfaces en sones commerciales, certains services comme l’optique, les restaurants s’y implantent. Depuis quelques années, des services publics comme l’ANPE ou la CAF ont suivis les banques et les assureurs dans ces périphéries. Cette situation est très bien démontrée dans une étude du gouvernement datant de 2016.

Un mouvement qui a débutés, il y a plusieurs années

Mais ces mouvements de commerces et services n’ont fait que suivre un mouvement beaucoup plus ancien, celui des populations qui quittent les centres villes pour se loger en périphéries. Les populations ont commencé à s’installer dans des zones pavillonnaires dans les années 70. Ce mouvement s’est accéléré dans les années 90. On parle souvent des populations qui quittent les villes pour vivre en campagne. Mais ce n’est pas la réalité. Les familles se sont installées dans les périphéries des villes. Ces périphéries se sont transformées. De zone de culture ou d’élevage, elles se sont transformées en zone pavillonnaires occupées d’immenses lotissements. Autour de ces lotissements, se sont implantés des centres commerciaux avec parking qui permettaient aux populations de se déplacer avec leur voiture. En effet, qui dit habitation en zone périphériques dit souvent voiture indispensable.

Des logements et des commerces vides

La conséquence est la désertification des centres villes. Si les plus grandes villes échappent à ce phénomène, les villes moyennes meurent à petit feu. Il suffit de se balader en ville pour observer les boutiques vides, à louer, et les appartements aux volets fermés.

La population des centres villes a vieilli et s’est, en générale appauvrie, hormis, éventuellement, l’hyper centre ou certainscentre d'une petite ville quartiers.

Les commerces de proximité ont suivi le rythme. Le nombre de vacances locative dans les murs commerciaux de centre ville est en hausse régulière (10% en France en 2015), et les commerces sont de plus en plus fragiles financièrement. Si le prix de l’immobilier y est pour quelque chose, ce n’est pas le seul facteur. Les clients ne sont plus là.

Les pouvoirs publics n’ont pas encore pris conscience de l’ampleur du problème. Il y a pourtant urgence. On continue à promouvoir de grandes zones commerciales pour répondre aux besoins des populations vivant a l’extérieur des centres villes, on continue à vouloir calquer l’organisation des grandes villes sur les villes moyennes (réduire les stationnements, rendre la ville beaucoup moins accessible,…) et on ne regarde pas les couts qu’engendrent ces infrastructures.

L’intérêt pour chacun et pour la collectivité

Car, effectivement, revenir en centre ville a un intérêt immense pour tout le monde. Des pays comme l’Allemagne ou certains pays scandinaves l’ont bien compris. Ils ont maintenant un critère qui permet de vérifier le nombre d’habitant pouvant loger au km², et ce, pour chaque projet. L’idée est d’optimiser l’espace. Cette logique a de nombreux avantages. En effet, les zones périphériques ont de nombreux inconvénients en termes de coûts. Elles demandent un réseau de transport plus important, des infrastructures plus couteuses (électricité, eau, assainissement, route,… A l’heure ou les finances publics vont être plus tendues, les municipalités seraient bien inspirées de réfléchir à leur couts de structure.

Pour les populations, l’avantage de vivre en centre ville est le même. Réduction des temps de transport, gain financiers, gain de temps.

Enfin, l’expansion des zones périphériques des villes a une incidence sur les terres agricoles. Les surfaces disponibles étant réduites, le prix du m² augmente. Dans le même temps, nous savons maintenant que nous ne pourrons pas continuer sur un système de production agricole intensif. Nous allons devoir augmenter les surfaces nécessaires pour une production donnée.

Toutes ces raisons font qu’il est indispensable de se préoccuper de la survie, et du développement social et économique de nos centres villes.

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